OUTLIERS : THE STORY OF SUCCESS - MALCOLM GLADWELL

 

Deuxième semaine et deuxième livre de mon défi “Un Livre Par Semaine”. Cette fois on s’intéresse à la manière dont les gens réussissent dans la vie. En illustrant avec des exemples comme Bill Gates ou encore Les Beatles ce livre montre clairement que la raison pour laquelle une personne réussie ne se trouve pas uniquement dans sa capacité à travailler mais aussi dans l’époque, le lieu et la culture dans lesquels elle se trouve. Voici les points clés du livre de Malcolm Gladwell :   

THE MATTHEW EFFECT

Cet effet, nommé par le sociologue américain Robert K. Merton, désigne les mécanismes par lesquels les plus favorisés (plus de compétences, d’argent) tendent à accroître leur avantage sur les autres. 

 

“Car on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a” 

– Évangile selon Matthieu –

 

Ce livre illustre parfaitement ce phénomène avec l’exemple des joueurs de hockey sur glace au Canada. À environ 9 ou 10 ans une sélection est organisée pour repérer les jeunes talents. Ce sont eux qui pourront espérer jouer à un niveau professionnel une fois adulte. Des statistiques ont montré que la proportion de joueurs professionnels nés en janvier, février, mars était nettemment supérieure aux autres mois de l’année. Enfaite on observe la répartition suivante : 40% sont nés entre janvier et mars, 30% entre avril et juin, 20% entre juin et septembre et 10% entre septembre et décembre. 

 

La raison est simple : la date butoir d’admissibilité dans un groupe de hockey est le 1 janvier. Cela signifie que un enfant qui a eu 10 ans le 2 janvier peut jouer avec un autre qui aura le même âge seulement en décembre, ce qui représente une différence de 12 mois. Et à cet âge un tel écart de naissance s’accompagne d’une importante différence de morphologie.

 

Au moment des sélections, le joueur né en janvier possède un léger avantage sur ses partenaires nés en décembre. Il sera donc choisi pour intégrer une formation de plus haut niveau. Ce qui signifie : plus d’entrainements, plus de matchs et un meilleur coaching.

 

Au départ l’avantage que possède un joueur né en janvier sur son homologue né en décembre est faible. Mais ce petit avantage lui permet d’obtenir d’autres avantages et encore d’autres avantages. Au final l’écart se creuse rapidement. Les plus forts deviennent encore plus forts alors que les autres stagnent. Le facteur qui détermine si un jeune joueur de hockey deviendra un joueur professionnel est fortement (pas uniquement) influencé par son mois de naissance.

  

C’est ce que l’on appelle “The Matthew Effect”.  

 

LA RÈGLE DES 10 000 HEURES

On dit que pour être un maître dans son domaine il faut avoir plus de dix mille heures d’entrainement. Mais réussir à atteindre ce chiffre dépend-il seulement de notre capacité à travailler ou encore de notre motivation? N’y a t il pas derrière chaque personne qui a réussi un environnement qui a favorisé son ascension?

 

Le livre illustre avec un exemple connu : Bill Gates. Il découvre l’univers de l’informatique pendant ses années de lycée. Il devient vite accro et passe ses journées et ses nuits à programmer. Une fois sorti de Harvard il créé Microsoft qui deviendra le succès phénoménal que l’on connait aujourd’hui.

Voici le type d’histoire que l’on entend pour chaque personne ayant réussi. La seule persévérance et motivation de Bill Gates lui aurait permis d’attendre la réussite.

 

Enfaite c’est plus complexe que ça. Si on retrace sa vie on peut remarquer quelques heureux événements qui l’ont fortement aidé dans son parcours. À l’époque où il découvre l’informatique (on est alors dans les années 1960) avoir accès à un ordinateur est peu commun. Par chance l’école dans laquelle il se trouve vient de faire l’acquisition d’un terminal permettant de se connecter à un ordinateur central à distance. Il va alors pouvoir utiliser comme il le souhaite le système fourni par l’école. Et à cette époque c’est un immense privilège. Cela lui permet de pouvoir programmer pendant un nombre considérable d’heures. Lorsqu’il arrive à l’université il a déjà une longueur d’avance sur génération et a largement atteint les dix mille heures de pratique.

 

Un autre point essentiel est que en 1975 est commercialisé le premier ordinateur personnel, c’était une révolution. Et qui étaient les mieux placés pour en tirer profit? Si en 1975 vous aviez déjà un travail dans une grosse compagnie d’électronique comme IBM alors personne ne souhaitait tout quitter pour s’intéresser à ce nouveau gadget. Si vous étiez encore au lycée alors vous étiez trop jeune. Mais si vous étiez en pleine transition entre le monde du travail et celui du lycée c’est à dire l’université alors c’était parfait. 

 

Qui de mieux que Bill Gates pour saisir cette opportunité. Il venait tout juste de quitter l’université et de lancer microsoft. Les compétences qu’il avait développé au cours des 7 dernières années ont pris tout à coup une valeur inestimable. Avec ses milliers d’heures de pratique il allait vite devenir le meilleur dans son domaine. Si il était né un peu plus tôt alors il n’aurait peut être jamais eu accès à un ordinateur au lycée. Si il était né plus tard alors il aurait été encore au lycée en 1975. Enfaite l’âge parfait pour tirer profit de cette révolution était être assez vieux pour en faire partie mais pas trop sinon vous la ratiez. On peut dire avoir environ 20 ans et donc être né autour de 1955.

 

En regardant la date de naissance de quelques grands noms de la Silicon Valley on se rend compte que la théorie se confirme : Bill Gates, 28 octobre 1955 – Paul Allen, 21 juin 1953 – Steve Ballmer, 24 mars 1956 – Steve Jobs, 24 février 1955. 

 

Cet exemple, comme beaucoup d’autres dans ce livre, illustre l’importance de notre date de naissance, pays d’origine, niveau de richesse, éducation quand il s’agit d’atteindre le succès. 

Bill Gates dira lui même “J’ai été chanceux.”